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Pour faire avancer la prise en charge du patient présentant un FBSS, la première des choses est d’apprendre à reconnaître l’échec chirurgical puis à décider ou non d’une reprise chirurgicale !

Congrès de la SFCR 2018

Le Pr Rigoard nous a démontré que le chirurgien du rachis n’est pas un « super héros ». Il est formé et entraîné à ne jamais rater sa procédure. Le succès chirurgical est son objectif mais il doit apprendre à se remettre en question, à reconnaître que beaucoup de procédures qui sont réalisées ont, au final, peu de preuves scientifiques de hauts niveaux. Par exemple, il n’y a pas de preuve formelle d’efficacité des procédures visant la fusion vertébrale ! Il faut également être méfiant des techniques nouvelles qui initialement sont présentées comme ayant 90 % de bons résultats puis 70 %, puis 50 % puis finalement 40 % à deux ans de recul… La chirurgie du rachis demeure un challenge (technicité du geste, variabilité de l’anatomie, variabilité des conditions pré-existantes). Un des éléments essentiel dans la relation chirurgien-patient est de faire se réunir les attentes du patient et les possibilités chirurgicales. L’information, l’éducation, la sélection des patients et leur évaluation psychosociale sont donc des éléments clés pour limiter l’échec chirurgical.

Cette démonstration étant faite, le Pr Assaker a insisté sur les éléments à prendre en compte avant de prendre une décision de nouvelle chirurgie après un échec. Il est indispensable de toujours réévaluer le point de départ, la chirurgie primitive et donc de se poser la question essentielle de l’origine de la douleur. Il est important de bien faire la différence entre douleur neuropathique et douleur mécanique, entre traitement étiologique et traitement fonctionnel qui sont souvent intriqués. Dans ces cas d’échecs, il paraît, au final, indispensable que la prise de décision soit pluridisciplinaire car le choix entre reprise d’une chirurgie rachidienne souvent plus lourde et techniques de neuromodulation est souvent biaisé par la formation du chirurgien.


Brève rédigée par le Pr Kévin Buffenoir (neurochirurgie, CHU de Nantes)
D’après les communication des

  • Pr P. Rigoard (neurochirugien, CHU de Poitiers) « FBSS : d’où vient l’échec ? Qui ?... Qu’est-ce qui a foiré ? »
  • Pr R. Assaker (neurochirurgien, CHU de Lille) « Ré-opérer ou ne pas ré-opérer : that is the question ! »