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Ci-dessous la liste des thématiques abordées dans les différentes revues de presse. Cliquez sur une thématique pour accéder à la liste des analyses.

Perspectives

  • Monitoring intra-opératoire multimodal lors de la pose d’électrodes chirurgicales de stimulation thoracique et cervicale

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    Référence :

    Choi JG, Ha SW, Son BC. Multimodal, Intraoperative Monitoring during Paddle Lead Placement for Cervicothoracic Spinal Cord Stimulation. Stereotact Funct Neurosurg, 2015, 93: 271-81.

    Introduction :

    Les auteurs rapportent les résultats d’une étude rétrospective ayant concerné 25 patients pour lesquels une surveillance per-opératoire des potentiels évoqués somatosensoriels (PES) et moteurs (PEM) ainsi que de l’électromyogramme (EMG) a été réalisée lors de la mise en place, sous anesthésie générale, d’une électrode chirurgicale par laminectomie cervicale ou thoracique.

    Méthode :

    Les PEM et les PES ont été utilisés pour la surveillance de la moelle épinière lors de la pose. Les amplitudes des PES et les seuils des potentiels d’action musculaire (PAM) au niveau des extrémités supérieures et inférieures ont été enregistrés afin de déterminer la latéralité de l’électrode.

    Résultats :

    Une diminution significative de l’amplitude des PEM stable, en dépit de PES stables, a été observée chez deux patients : l’un avec une insertion rétrograde C1-C2 et le second lors d’une insertion antérograde C4-C5 insertion. Un repositionnement basé sur des tests montrant une asymétrie des PES (6 patients) et des seuils de PAM (8 patients) a été nécessaire. Chez 22 patients, la couverture des paresthésies au niveau de la zone était satisfaisante de façon uni ou bilatérale. Il n’y a eu aucun épisode de révision d’électrode en raison d’un mauvais placement.

    Discussion et conclusion :

    La neurophysiologie peropératoire reposant sur les PEM et les PES peut s’avérer utile pour un placement en toute sécurité et optimal des électrodes de stimulation médullaire au niveau cervico-thoracique.

    Commentaire :

    L’idée de cette étude réalisée par une équipe coréenne n’est pas nouvelle. Quatre manuscrits ont déjà été publiés tentant de montrer l’apport de l’électrophysiologie lors du placement d’une électrode chirurgicale1-4, toutes avaient un nombre supérieur de patients à celle-ci, entre 44 et 259 patients. Les conclusions étaient équivalentes, l’électrophysiologie confirme que le positionnement de l’électrode est bien médial. En revanche, toutes ces études s’accordent à montrer que les PES et les PEM, ou les deux, peinent à vérifier l’exactitude du niveau d’implantation. Ce qui est dommage. En effet, dans la pratique, et c’est de plus en plus le cas avec les électrodes multicolonnes, l’imagerie par fluoroscopie antéro-postérieure (voir l’O-arm®) nous permettent de vérifier que l’électrode est bien médiane. Le niveau médullaire de la couverture, malgré les moyens d’explorations anatomiques dont on dispose (IRM pré-opératoire permettant de confirmer le niveau du cône et imagerie peropératoire), demeure plus problématique. Le second argument de cette étude qui plaiderait pour l’utilisation de l’électrophysiologie est de renforcer la sécurité de la pose. Il n’est pas certain, là non plus, que le « jeu en vaille la chandelle ». On sait que les lésions médullaires sont rares dans la pose d’électrode chirurgicale (0,54 %) et, lorsqu’elles surviennent, c’est généralement lié à un hématome épidural qui se forme en post-opératoire. Plutôt qu’à titre systématique — nous venons d’en voir les limites — l’électrophysiologie peropératoire pourrait s’avérer utile en cas de canal rachidien étroit visible sur le CT ou l’IRM et notamment lors du recours à une électrode multicolonne que l’on sait plus volumineuse.

    rédigée par Marc Lévêque
     


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  • Efficacité de la stimulation médullaire haute fréquence dans les douleurs irréductibles

    Référence :

    Smith H, Youn Y, Pilitsis JG. Successful use of high-frequency spinal cord stimulation following traditional treatment failure. Stereotact Funct Neurosurg. 2015 ; 93(3):190-193.

    Introduction :

    La stimulation de la moelle épinière à haute fréquence (SMEHF) offre une alternative dans le traitement des syndromes de douleur chronique réfractaire n’étant pas répondeurs à la stimulation de la moelle épinière (SME) traditionnelle. Après des travaux contradictoires sur la SME-HF effectuée à 5-10 kHz, cette étude tend à montrer l’efficacité clinique de la stimulation à la fréquence de 1 kHz par un générateur standard.

    Méthode et résultats :

    La SME-HF a été utilisée chez deux patients ayant eu un soulagement insuffisant avec la SME classique. Le stimulateur du premier patient avait été initialement programmé à 40 Hz et une largeur d'impulsion de 330 µs par stimulation bipolaire. Le soulagement étant inadéquat une reprogrammation a été effectuée à 1,15 kHz, 120 µs et 5 V. Chez le second patient — initialement programmée à 40 Hz et 390 µs — un nouveau réglage à une fréquence de 1,2 kHz et une largeur d'impulsion de 120 µs a permis un soulagement optimal de la douleur et une amélioration de la qualité de vie.

    Discussion et conclusion :

    La SME-HF à 1 kHz — chez les patients pour qui les paramètres habituels de stimulation ont échoué — est une nouvelle possibilité de traitement chez les patients souffrant de douleur chronique irréductible et cela d’autant plus que la majorité des neurostimulateurs sont en mesure de délivrer cette gamme de fréquence.

    Commentaire :

    L’intérêt de ce travail ouvert portant seulement sur deux patients peut paraître limité. Néanmoins, il possède l’intérêt de nous inciter à explorer d’autres modes de programmation — notamment l’augmentation de la fréquence — chez des patients pour qui la SME n’est plus efficace.

    Le format qu’offre une publication n’est pas vraiment adapter à deux « case report » pourtant, aujourd’hui, il n’existe pas d’autres supports — exceptions faites des communications lors des congrès — permettant de partager les « surprises » cliniques qui sont parfois au rendez-vous suite à des modifications de paramètres. Un site web, par exemple, pourrait offrir l’outil adéquat permettant aux praticiens concernés de partager leur retour d’expérience (observations cliniques selon les paramètres de stimulation donnés). L’infinité de combinaisons qu’offrent les techniques de neuromodulation aurait tout à gagner de cette intelligence en réseau.

    rédigée par Marc Lévêque

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  • Stimulation de la moelle épinière : la nécessité d’en préciser les mécanismes

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    Référence

    Marchand S. Spinal Cord Stimulation (SCS) Analgesia: Substantiating the Mechanisms for Neuropathic Pain Treatment. Pain. 2015

    Introduction

    Ce mois-ci, dans PAIN, un article a retenu notre attention. Il s’agit d’un long commentaire de Serge Marchand à propos d’une étude dont nous nous ferons prochainement l’écho. Ce commentaire a valeur d’Éditorial tant il cerne avec pertinence les problématiques auxquelles la stimulation médullaire est aujourd’hui confrontée. Le chercheur canadien considère qu’une meilleure compréhension des mécanismes de la SME — tant au niveau spinal que des centres supérieurs — devrait déboucher, à terme, sur une meilleure sélection des indications de SME.

    Article

    Le recours à la stimulation électrique du système nerveux périphérique dans le traitement de la douleur est très ancien et remonte à l’utilisation des anguilles électriques il y a plusieurs milliers d'années 1. Notre compréhension moderne des mécanismes de la stimulation électrique dans le soulagement de la douleur débute avec la théorie du portillon selon laquelle la stimulation sélective des afférences non-nociceptive (Aß) inhibe les afférences nociceptives (A∂ et C) par l'activation des interneurones inhibiteurs de la substance gélatineuse des cornes postérieures de la moelle épinière 2. La stimulation nerveuse électrique transcutanée (TENS) a été développée pour déclencher cette analgésie endogène par une stimulation périphérique. Le développement de la stimulation de la moelle épinière (SME) découle du même mécanisme 3 et consiste en l'implantation d’une l'électrode épidural en regard des cordons postérieurs au niveau spinal du dermatome sur lequel l'effet analgésique est recherché. Ce mécanisme de la SME — basé sur le même postulat neurophysiologique que le TENS — est néanmoins plus complexe, car cette stimulation appliquée sur les cordons postérieures recrute d’autres afférences de la moelle épinière vers les centres supérieurs, implique des circuits de neurones locaux et même des fibres des cornes antérieures 4. Cette stimulation de la moelle épinière a été utilisée dans différents types de douleur avec un peu plus de 50% des patients soulagés d’au moins 50% de leurs douleurs 5. Ces résultats doivent néanmoins être replacés dans leur contexte puisque, habituellement, il s’agit d’une thérapie de dernier recours lorsque tous les traitements conventionnels ont échoué. La sélection des patients demeure déterminante dans le succès de la SME 5,6. Cependant, même si l’on cerne précisément un grand nombre de facteurs tels la localisation de la douleur, son type, son intensité, sa durée, les antécédents chirurgicaux, les éventuels bénéfices secondaires, l'âge, le sexe, la durée de ce suivi, le type d’électrodes, tous les résultats montrent, presque toujours, un soulagement de la douleur d’environ 50% chez, à peu près, 50% des patients. Cela signifie, de toute évidence, que l’on doit rechercher d’autres éléments prédictifs de l'efficacité de cette SME. Dans cette perspective, il pourrait être intéressant d’établir des liens entre les mécanismes d'analgésie mis en jeu dans la SME et ceux, neurophysiologiques, impliqués dans les différents types de douleur chroniques. Il pourrait s’agir, par exemple, de l’enregistrement de l’activité spinale (réflexes-RIII nociceptifs) et corticale (potentiels évoqués somatosensoriels (PES). Certains travaux ont en effet permis de démontrer que les réflexes RIII préservés associés une activité de PES réduite (absence de déafférentation) seraient de très bons indicateurs de la réussite d’une SME 7. Recourant à des procédures similaires, d’autres chercheurs ont montré que la SME possédait des effets spinaux, supraspinaux et sympathiques tant sur les afférences nociceptives que non-nociceptives 8. Ces résultats, mais aussi ceux d’autres équipes sur les mécanismes de SCS, seront importants pour nous permettre de mieux caractériser ces patients qui présentent un déficit spécifique en fonction de leur type de douleur neuropathique.

    Fait intéressant, la recherche récente sur l'identification des mécanismes impliqués dans divers types de douleur chronique souligne le rôle crucial des mécanismes excitateurs — comme la sommation temporelle (ST) — en comparaison de ceux inhibiteurs — telle la modulation conditionnée de la douleur (MCD) — et aide à prédire la réponse à certains traitements pharmacologiques spécifiques. Ainsi la ST, mais pas la MCD, semble être un bon prédicteur de l’efficacité clinique d'un anticonvulsivant (prégabaline) dans la pancréatite chronique 9 tandis qu'une diminution de la MCD paraît être un bon indicateur de l'efficacité d'un antidépresseur (duloxétine) 10. Ces résultats, qui demandent à être confirmés, montrent que ce type d’approche serait utile afin d’identifier la nature du mécanisme mis en jeu suivant la douleur chronique et, ainsi, conduire à une meilleure sélection des traitements.

    Récemment les travaux d’Eisenbert et al. ont évalué l'effet de la SME sur la sensibilisation centrale provoqué par la SME grâce à la mesure de ST. Cette hypothèse provient de modèles animaux ayant démontré que la SME permettait de réduire l'activité des « wide-dynamic-range neurons » connues pour être impliquée dans la sensibilisation centrale des douleurs neuropathiques 11. Dans cette étude, les auteurs ont montré que la SME diminuait la perception de la douleur clinique d'environ 50% et, fait intéressant, la ST a été significativement diminuée durant la SME mais exclusivement pour la jambe touchée. Ces résultats tendent à confirmer une réduction de la sensibilisation centrale par la SME. Néanmoins, il n'y avait pas de relation entre l'efficacité clinique et l'effet sur la ST, réduisant la probabilité qu’il existe un lien clair entre la SME, la sensibilisation centrale et la douleur clinique. Plusieurs explications possibles à cette discordance, premièrement, le faible échantillon de patient dont la puissance statistique a pu faire défaut pour détecter un lien entre la ST et la douleur clinique. Deuxièmement, cela peut signifier, aussi, que la SME agit sur la douleur — clinique et expérimentale — par des mécanismes variés. Néanmoins, ces résultats tendent à confirmer que l'efficacité de la SME dans la réduction de la douleur neuropathique est très probablement liée à un effet direct sur la sensibilisation centrale mesurée par la TS.

    D’autre part, plusieurs études confirment la possibilité que des mécanismes supraspinaux puissent être impliqués dans la SME 6,12-14. Il devient alors important d’évaluer l'effet placebo de ces approches en raison de la forte attente des patients et du désir de soulagement. Comme différents auteurs le soulignent, un design en double aveugle est difficile en raison de la perception des paresthésies. Malgré tout, il reste possible d’avoir un groupe contrôle contre placebo, cela a pu être réalisé dans la stimulation thalamique15. Ces études menées avec des groupes contrôles placebo ont donnés des résultats discordants 16-18. De nouvelles études paraissent donc nécessaires afin de montrer la supériorité de la SME sur la stimulation placébo. Elles devraient montrer que la SME affecte — et est affecté — par le contrôle des centres supérieurs via les composantes émotionnelles de la douleur. Cela nous permettrait d’élargir notre compréhension de ces phénomènes complexes mis en jeu dans la neuromodulation.

    Nous avons besoin de plus d'études, comme celle d’Eisenberg et al, sur la relation entre la SME et la modulation endogène de la douleur, afin d’accroître notre compréhension des phénomènes. A terme, cela devrait nous permettre d’établir de meilleurs critères de sélection des patients basés sur une évaluation clinique simple mais précise.

    Référence

    1. Kane K, A. T. A history of local electrical analgesia. . Pain. 1975;1:125–138.

    2. Melzack R, Wall PD. Pain mechanisms: a new theory. Science. 1965;150(3699):971-979.

    3. Shealy CN, Mortimer JT, Hagfors NR. Dorsal column electroanalgesia. Journal of neurosurgery. 1970;32(5):560-564.

    4. Guan Y. Spinal cord stimulation: neurophysiological and neurochemical mechanisms of action. Curr Pain Headache Rep. 2012;16(3):217-225.

    5. Taylor RS, Desai MJ, Rigoard P, Taylor RJ. Predictors of pain relief following spinal cord stimulation in chronic back and leg pain and failed back surgery syndrome: a systematic review and meta-regression analysis. Pain practice : the official journal of World Institute of Pain. 2014;14(6):489-505.

    6. Wolter T. Spinal cord stimulation for neuropathic pain: current perspectives. Journal of pain research. 2014;7:651-663.

    7. Garcia-Larrea L, Peyron R, Mertens P, Laurent B, Mauguiere F, Sindou M. Functional imaging and neurophysiological assessment of spinal and brain therapeutic modulation in humans. Archives of medical research. 2000;31(3):248-257.

    8. de Andrade DC, Bendib B, Hattou M, Keravel Y, Nguyen JP, Lefaucheur JP. Neurophysiological assessment of spinal cord stimulation in failed back surgery syndrome. Pain. 2010;150(3):485-491.

    9. Olesen SS, Graversen C, Bouwense SA, van Goor H, Wilder-Smith OH, Drewes AM. Quantitative sensory testing predicts pregabalin efficacy in painful chronic pancreatitis. PLoS One. 2013;8(3):e57963.

    10. Yarnitsky D, Granot M, Nahman-Averbuch H, Khamaisi M, Granovsky Y. Conditioned pain modulation predicts duloxetine efficacy in painful diabetic neuropathy. Pain. 2012;153(6):1193-1198.

    11. Zhang T, Janik J, Grill W. Mechanisms and models of spinal cord stimulation for the treatment of neuropathic pain. . Brain Res 2014;1569:19–31.

    12. Song Z, Ansah OB, Meyerson BA, Pertovaara A, Linderoth B. Exploration of supraspinal mechanisms in effects of spinal cord stimulation: role of the locus coeruleus. Neuroscience. 2013;253:426-434.

    13. Smits H, van Kleef M, Holsheimer J, Joosten EA. Experimental spinal cord stimulation and neuropathic pain: mechanism of action, technical aspects, and effectiveness. Pain practice : the official journal of World Institute of Pain. 2013;13(2):154-168.

    14. Barchini J, Tchachaghian S, Shamaa F, et al. Spinal segmental and supraspinal mechanisms underlying the pain-relieving effects of spinal cord stimulation: an experimental study in a rat model of neuropathy. Neuroscience. 2012;215:196-208.

    15. Marchand S, Kupers RC, Bushnell MC, Duncan GH. Analgesic and placebo effects of thalamic stimulation. Pain. 2003;105(3):481-488.

    16. Perruchoud C, Eldabe S, Batterham AM, et al. Analgesic efficacy of high-frequency spinal cord stimulation: a randomized double-blind placebo-controlled study. Neuromodulation : journal of the International Neuromodulation Society. 2013;16(4):363-369; discussion 369.

    17. Lanza GA, Grimaldi R, Greco S, et al. Spinal cord stimulation for the treatment of refractory angina pectoris: a multicenter randomized single-blind study (the SCS-ITA trial). Pain. 2011;152(1):45-52.

    18. Eddicks S, Maier-Hauff K, Schenk M, Muller A, Baumann G, Theres H. Thoracic spinal cord stimulation improves functional status and relieves symptoms in patients with refractory angina pectoris: the first placebo-controlled randomised study. Heart (British Cardiac Society). 2007;93(5):585-590.

    rédigée par Marc Lévêque

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  • La stimulation de la moelle épinière à haute fréquence chez les patients souffrant de « failed back surgery syndrom » (FBSS) : résultats d’une étude prospective européenne

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    Référence

    High-Frequency Spinal Cord Stimulation for the Treatment of Chronic Back Pain Patients: Results of a Prospective Multicenter European Clinical Study.

    Van Buyten JP, Al-Kaisy A, Smet I, Palmisani S, Smith T. Neuromodulation. 2012 Nov 23.

    Adresse

    Department of Anesthesia and Pain Management, AZ Nikolaas, St Niklaas, Belgique et Pain Management and Neuromodulation Centre, Guy’s and St. Thomas’ Hospital, Londres, Grande-Bretagne.

    Introduction

    L'objectif de cette étude clinique prospective, ouverte, multicentrique européenne était de d’évaluer l'efficacité et l'innocuité d'une stimulation de la moelle épinière (SME) à haute fréquence (HF), jusqu'à 10 kHz,  qui ne produit pas de paresthésie, dans le traitement de la douleur chronique, réfractaire du dos et / ou des membres.

    Méthodes

    Quatre-vingt-trois patients souffrant de  maux de dos importants, ont été recrutés pour un essai de stimulation à HF par deux électrodes épidurales percutanées à huit contacts. Le score de douleur, le handicap, les troubles du sommeil, la satisfaction, ainsi que les taux de complications ont été évalués avec un recul maximal de six mois.

    Résultats:

    Après une période d'essai, 88% (72 sur 82) des patients ont rapporté une amélioration significative sur l'échelle visuelle analogique (EVA). L’EVA moyenne des lombalgies est passée de 8,4 à 2,7 à six mois (p <0,001) tandis qu’au niveau des membres inférieures elle a été réduite de 5,4 à 1,4 à six mois (p <0,001). Des améliorations significatives dans les scores d’Oswestry, du sommeil ainsi que dans la réduction de l'utilisation des analgésiques. Les effets indésirables observés étaient ceux observés, classiquement, avec la SME conventionnelle à savoir : migration, infection de plaie et douleur au niveau du site d’implantation.

    Conclusion:

    Dans cette cohorte de patients souffrant de lombalgies chroniques difficiles à traiter la stimulation HF permet une diminution durable des douleurs lombaire et un soulagement significatif de la douleur jambe chez plus de 70% des sujets traités. Cette amélioration a été obtenue sans paresthésie. Les patients mentionnent également une réduction significative de l'incapacité et une amélioration du sommeil. Dans l'ensemble, ces résultats confirment un profil de tolérance favorable ainsi qu’une efficacité de la stimulation par HF.

    Commentaire:

    L’idée de stimuler à très haute fréquence la moelle épinière dans le traitement des lombo-radiculalgies chroniques n’est pas nouvelle. Cette publication est en faveur de la faisabilité de cette technique dans la population étudiée de lomboradiculalgiques. L’efficacité sur la douleur apparait comparable à la stimulation « standard », habituellement, aux alentours de 30 à 50 Hz. Cependant, cette étude n’est ni contrôlée ni comparative, mais simplement ouverte. Elle ne permet donc pas de donner des indications précises sur l’intérêt potentiel de cette méthode et de ses avantages ou inconvénients éventuels vis-à-vis de la stimulation classique. L’avantage de cette stimulation HF résiderait, d’une part, dans la possibilité d’augmenter l’intensité de la stimulation sans être limitée par le ressenti douloureux des paresthésies. D’autre part, les sensations désagréables perçues lors des changements de positions seraient diminuées. Enfin, cette stimulation HF autorise des études en double aveugle impossible autrement.

    Une autre critique envers cette étude simplement descriptive, réside dans le peu d’information concernant la consommation électrique. Or, nous savons que, plus la fréquence est élevée plus la durée de vie de la batterie diminue. Cette problématique a été écartée par les auteurs grâce à l’utilisation de stimulateur rechargeable - dont le cout demeure élevé - et l’absence de données  relatives à la fréquence de ces rechargements.

    La stimulation HF des cordons postérieurs de la moelle demeure une perspective très intéressante dans le  traitement des FBSS mais ces investigations nécessiteront, en parallèle, de réelles avancées technologiques pour augmenter la capacité des batteries de neurostimulation.

    rédigée par Marc Lévêque

    Catégorie:
  • Progrès et défis de la neurostimulation dans le traitement des céphalées

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    Référence

    Advances and challenges in neurostimulation for headaches.

    Magis D, Schoenen J. Lancet neurology. Aug 2012;11(8):708-719.

    Introduction

    De nombreux patients souffrent de céphalées primaires migraine, céphalées de tension, céphalées trigéminio-autonomiques…) et sont résistants ou intolérants aux médicaments disponibles. Au cours de la dernière décennie, les procédures de neurostimulation central et périphérique se sont multipliées chez ces patients et, à travers le monde, environ 1200 d’entre eux ont été implantés. Les techniques utilisées vont de méthodes invasives telles que la stimulation cérébrale profonde (SCP) de l'hypothalamus postérieur, à l'implantation d'électrodes percutanées minimalement invasives utilisées dans la stimulation du nerf occipital, ou des méthodes non invasives telles que la stimulation magnétique transcrânienne.

    Méthodes

    Les articles retenus pour cette revue de la littérature ont été identifiés par une recherche sur PubMed avec les mots clé "céphalées", "stimulation du nerf occipital", "stimulation cérébrale profonde", "stimulation du nerf vague", "stimulation du nerf sus-orbitaire», « stimulation du ganglion sphéno-palatin", " stimulation magnétique " et " stimulation des nerfs périphériques ". Seuls les articles disponibles en anglais ont été sélectionnés. Aucune limite de temps n’a été appliquée pour cette recherche effectuée en avril 2012.

    Résultats:

    La stimulation du nerf occipitale, dans neuf études ouvertes regroupant 91 patients, montre une amélioration moyenne de 67 % dans le traitement de l’algie vasculaire de la face (AVF)(Figure 1). Les complications sont faibles en dehors d’infections liées au matériel.

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    Figure 1 d’après Magis D, Schoenen J. Advances and challenges in neurostimulation for headaches. Lancetneurology. Aug 2012;11(8):708-719.

     

    En ce qui concerne le traitement de la migraine chronique dix études s’y rapportent pour un total de 500 malades (dont  248 inclus ans 3 études contrôlées) et une amélioration de 57 % (Figure 2). Peu d’effets indésirables, là encore, hormis des déplacements d’électrodes et des infections sur matériel.

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    Figure 2 : d’après Magis D, Schoenen J. Advances and challenges in neurostimulation for headaches. Lancetneurology. Aug 2012;11(8):708-719.

     

    Concernant la SCP de l’hypothalamus dans le traitement de l’AVF, 64 patients ont été répertoriés et 42 % sont considérés comme « pain free » tandis que 22 % ont vu leurs douleurs diminuées d’au moins 50 %. Une étude contrôlée réalisée selon un paradigme croisé n’a cependant pas réussi à mettre ne évidence de différence significative entre la stimulation active et la stimulation sham. Les complications sont plus graves avec notamment le risque d’hémorragie intracérébrale, de trouble oculomoteur, d’attaque de panique ou d’euphorie.

    Pour les autres techniques (stimulation du ganglion sphéno-palatin, stimulation du nerf vague et stimulation du nerf supraorbitaire) les effectifs de patients sont plus faibles (14 à 20) et concernent trop peu de publication pour qu’une métaanalyse soit valable.

    Discussion et Conclusion:

    Bien que certaines de ces procédures soient largement étudiées, les essais contrôlés demeurent rares et le mode d'action précis de ces stimulations reste en grande partie inconnu. Néanmoins, la stimulation du nerf occipital et la stimulation cérébrale profonde de l'hypothalamus postérieur semblent être efficaces chez les personnes atteintes d’AVF tandis que la stimulation du nerf occipital est également prometteuse dans le traitement de la migraine chronique.

    Commentaire:

    Cette méta-analyse de l’équipe de Liège établit un bilan très favorable des résultats de la stimulation occipitale dans le traitement de certaines céphalées notamment dans la prévention de la migraine commune, de l’AVF et de formes plus rares (SUNA, SUNCT et hémicrania continua). Néanmoins les auteurs mentionnent le faible nombre d’études en double aveugle. Les études rigoureuses de ce type sont rendues difficiles par le fait que, pour être efficaces, le niveau d’intensité de stimulation les électrodes entraîne généralement des paresthésies qui sont, par définition, ressenties par le patient.

    rédigée par Marc Lévêque

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