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Stimulation du nerf occipital (SNO)

Ci-dessous la liste des thématiques abordées dans les différentes revues de presse. Cliquez sur une thématique pour accéder à la liste des analyses.

  • La stimulation du nerf occipital dans la migraine chronique : un essai randomisé en dessous du seuil de ressenti de la stimulation

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    Référence :

    Slotty P, Bara G, Kowatz L, Gendolla A, Wille C, Schu S, Vesper J. Occipital nerve stimulation for chronic migraine: A randomized trial on subthreshold stimulation. Cephalalgia 2014. doi:10.1177/0333102414534082

    Introduction :

    La stimulation du nerf occipital (ONS) soulagerait la douleur des patients migraineux souffrant de la forme chronique de la maladie. Dans cet essai en double aveugle, le rôle des paresthésies dans ce soulagement ainsi que le possible effet placebo sont évalués.

    Méthode :

    Des patients déjà traités par ONS ont été inclus. Les modes « stimulation supraliminaire», «stimulation sous le seuil» et «absence de stimulation » ont été comparés pour chacun des patients. Les résultats ont été mesurés en utilisant l'Échelle Visuelle Analogique (EVA) de la douleur, le McGill Pain Questionnaire ainsi que le SF-36.

    Résultats :

    Huit patients ont été patients inclus, l’EVA moyenne préopératoire était 8,20 ± 1,22. Une amélioration significative de la douleur a été observée en faveur de la stimulation supraliminaire comparée à la stimulation infraliminaire (1,98 ± 1,56 vs 5,65 ± 2,11). Les douleurs ont également été significativement atténuées lors de la stimulation infraliminaire versus aucune stimulation (5,65 ± 2,11 vs 8,45 ± 0,99) (Figure 1). En revanche aucun changement dans le SF-36 n’a été observé.

    Discussion et conclusion :

    Ces résultats tendent à montrer que les paresthésies ne sont pas indispensables à la réduction de la douleur néanmoins l’efficacité de cette stimulation semblerait liée à l’intensité de stimulation. Ce travail confirme également l’importance de la « personnalisation » des paramètres de stimulations.

    Commentaire :

    Ce faible effectif de patients exige de prendre ces données avec précaution. D’autre part, en observant ces résultats, il est tentant de considérer qu’il existe un lien entre l’efficacité de la stimulation et son intensité : plus l’intensité est élevé, plus les paresthésies sont importantes et plus le patient paraît soulagé. Néanmoins, on doit remarquer que le groupe « stimulation supraliminaire» n’est pas évalué en « aveugle » à l’inverse des deux autres. Un effet placébo ne peut donc être écarté avec ce groupe.

    Malgré cette réserve et sa petite cohorte le travail de cette équipe de Düsseldorf demeure intéressant car, pour la première fois, une étude portant sur ONS et migraine est conduite en condition de double aveugle — au moins en partie—. Cette stimulation infraliminaire devrait permettre d’améliorer la qualité méthodologique pouvant faire défaut dans les travaux sur l’ONS.

    rédigée par Marc Lévêque

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    Catégorie:
  • Progrès et défis de la neurostimulation dans le traitement des céphalées

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    Référence

    Advances and challenges in neurostimulation for headaches.

    Magis D, Schoenen J. Lancet neurology. Aug 2012;11(8):708-719.

    Introduction

    De nombreux patients souffrent de céphalées primaires migraine, céphalées de tension, céphalées trigéminio-autonomiques…) et sont résistants ou intolérants aux médicaments disponibles. Au cours de la dernière décennie, les procédures de neurostimulation central et périphérique se sont multipliées chez ces patients et, à travers le monde, environ 1200 d’entre eux ont été implantés. Les techniques utilisées vont de méthodes invasives telles que la stimulation cérébrale profonde (SCP) de l'hypothalamus postérieur, à l'implantation d'électrodes percutanées minimalement invasives utilisées dans la stimulation du nerf occipital, ou des méthodes non invasives telles que la stimulation magnétique transcrânienne.

    Méthodes

    Les articles retenus pour cette revue de la littérature ont été identifiés par une recherche sur PubMed avec les mots clé "céphalées", "stimulation du nerf occipital", "stimulation cérébrale profonde", "stimulation du nerf vague", "stimulation du nerf sus-orbitaire», « stimulation du ganglion sphéno-palatin", " stimulation magnétique " et " stimulation des nerfs périphériques ". Seuls les articles disponibles en anglais ont été sélectionnés. Aucune limite de temps n’a été appliquée pour cette recherche effectuée en avril 2012.

    Résultats:

    La stimulation du nerf occipitale, dans neuf études ouvertes regroupant 91 patients, montre une amélioration moyenne de 67 % dans le traitement de l’algie vasculaire de la face (AVF)(Figure 1). Les complications sont faibles en dehors d’infections liées au matériel.

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    Figure 1 d’après Magis D, Schoenen J. Advances and challenges in neurostimulation for headaches. Lancetneurology. Aug 2012;11(8):708-719.

     

    En ce qui concerne le traitement de la migraine chronique dix études s’y rapportent pour un total de 500 malades (dont  248 inclus ans 3 études contrôlées) et une amélioration de 57 % (Figure 2). Peu d’effets indésirables, là encore, hormis des déplacements d’électrodes et des infections sur matériel.

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    Figure 2 : d’après Magis D, Schoenen J. Advances and challenges in neurostimulation for headaches. Lancetneurology. Aug 2012;11(8):708-719.

     

    Concernant la SCP de l’hypothalamus dans le traitement de l’AVF, 64 patients ont été répertoriés et 42 % sont considérés comme « pain free » tandis que 22 % ont vu leurs douleurs diminuées d’au moins 50 %. Une étude contrôlée réalisée selon un paradigme croisé n’a cependant pas réussi à mettre ne évidence de différence significative entre la stimulation active et la stimulation sham. Les complications sont plus graves avec notamment le risque d’hémorragie intracérébrale, de trouble oculomoteur, d’attaque de panique ou d’euphorie.

    Pour les autres techniques (stimulation du ganglion sphéno-palatin, stimulation du nerf vague et stimulation du nerf supraorbitaire) les effectifs de patients sont plus faibles (14 à 20) et concernent trop peu de publication pour qu’une métaanalyse soit valable.

    Discussion et Conclusion:

    Bien que certaines de ces procédures soient largement étudiées, les essais contrôlés demeurent rares et le mode d'action précis de ces stimulations reste en grande partie inconnu. Néanmoins, la stimulation du nerf occipital et la stimulation cérébrale profonde de l'hypothalamus postérieur semblent être efficaces chez les personnes atteintes d’AVF tandis que la stimulation du nerf occipital est également prometteuse dans le traitement de la migraine chronique.

    Commentaire:

    Cette méta-analyse de l’équipe de Liège établit un bilan très favorable des résultats de la stimulation occipitale dans le traitement de certaines céphalées notamment dans la prévention de la migraine commune, de l’AVF et de formes plus rares (SUNA, SUNCT et hémicrania continua). Néanmoins les auteurs mentionnent le faible nombre d’études en double aveugle. Les études rigoureuses de ce type sont rendues difficiles par le fait que, pour être efficaces, le niveau d’intensité de stimulation les électrodes entraîne généralement des paresthésies qui sont, par définition, ressenties par le patient.

    rédigée par Marc Lévêque

    Catégorie:
  • La stimulation du nerf occipital dans le traitement médicalement intraitable des céphalées de type SUNCT et SUNA

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    Référence :

    Lambru G, Shanahan P, Watkins L, Matharu MS. Occipital nerve stimulation in the treatment of medically intractable SUNCT and SUNA. Pain physician 2014;17(1):29-41.

    Introduction :

    Les SUNCT[1] et SUNA sont des céphalées primaires se manifestant par des névralgies de courte durée et unilatérales accompagnées de symptômes dysautonomiques crâniens. Les patients atteints de ces types de maux de tête sévères ont des symptômes au long court nécessitant l'utilisation prolongée de traitements médicaux préventifs, dont beaucoup possèdent des effets indésirables. Ces malades sont souvent  rebelles au traitement médicamenteux. Chez cette dernière catégorie de patients, des traitements chirurgicaux endocrâniens ont pu être proposés avec des résultats inégaux. La Stimulation du Nerf Occipital (ONS) offre une alternative non destructrice doublée d’un risque de complication faible.

    Objectifs et méthode :

    Afin d’évaluer l'efficacité et l'innocuité de l'ONS chez les patients souffrant de SUNCT et de SUNA chronique rebelle au traitement médicamenteux, une étude prospective et ouverte a été menée. Neuf patients ont été opérés avec implantation d’électrodes de stimulation bilatérale du nerf occipital. Les données ont été recueillies de façon prospective. Les caractéristiques pré- et post-implantations des maux de tête tels que la fréquence, l'intensité et la durée des crises ont été colligées au travers d’agenda.

    Résultats :

    Après un suivi médian de 38 mois (24-55) tous les patients — sauf un — ont rapporté une amélioration substantielle. Quatre patients ont vu leur douleur disparaître tandis que 3 étaient presque sans douleur (amélioration de 96-98 %) et rapportaient une réduction marquée de la fréquence des crises et de la gravité (amélioration de 81%). Après une amélioration initiale rapide, le maximum d’effet de l'ONS a été atteint avec un décalage de quelques mois. Un dysfonctionnement de l'appareil s’est manifesté par la réapparition ou l'aggravation des attaques en quelques jours chez la plupart des patients. Les effets indésirables tels que la migration d’électrodes, l'externalisation de l'électrode ou la douleur liée à la stimulation des muscles par les électrodes. L’un des patients a développé une migraine continue un mois après l'implantation. Il a été traité avec succès par indométacine.

    Discussion et conclusion :

    La stimulation des nerfs occipitale semble offrir, pour les SUNCT et les SUNA médicalement intraitables et SUNA, une option efficace et sûre de traitement sans morbidité importante. Compte tenu de la diversité des résultats de la chirurgie endocrânienne ou des destructions nerveuse, l'ONS peut être considéré comme le traitement chirurgical de choix chez les patients médicalement intraitables.

    Commentaire :

    Après l’algie vasculaire de la face et la migraine chronique, la stimulation du nerf occipitale s’attaque, avec succès, à deux types de céphalées rares, mais souvent difficiles à traiter : les SUNCT et les SUNA. Comme cela a été souvent le cas avec les nouvelles indications précédemment citées de l’ONS, on regrette l’absence de groupe contrôle. Le doute est donc à chaque fois permis d’une évolution naturelle satisfaisante ou d’un possible effet placébo. Cette dernière éventualité est d’autant plus difficile à écarter que la perception de paresthésies occipitales semble requise pour obtenir un effet clinique. Cette constatation écarte, malheureusement, la possibilité de tests aveugles. Néanmoins cette faiblesse est — d’une certaine mesure — compensée par la pérennité des résultats à long terme obtenue par cette équipe londonienne.

    rédigée par Marc Lévêque

     


    [1] Short-lasting Unilateral Neuralgiform headache attacks with Conjunctival injection and Tearing

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