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Techniques

Ci-dessous la liste des thématiques abordées dans les différentes revues de presse. Cliquez sur une thématique pour accéder à la liste des analyses.

  • Comparaison entre la SME conventionnelle et à haute fréquence : considération clinique

    Référence :

    Reddy CG, Dalm BD, Flouty OE, Gillies GT, Howard MA, 3rd, Brennan TJ. Comparison of Conventional and Kilohertz Frequency Epidural Stimulation in Patients Undergoing Trialing for Spinal Cord Stimulation: Clinical Considerations. World Neurosurg. 2016; 88: 586-91

    Introduction :

    Cette étude vise à comparer la réponse thérapeutique des patients traités par une stimulation de la moelle épinière conventionnelle et ceux stimuler à haute fréquence.

    Méthode :

    Douze patients qui souffraient de douleurs neuropathiques au dos et à la jambe et qui répondaient aux critères cliniques standard la SME classique, c’est-à-dire à basse fréquence, ont participé à une séance d'une demi-journée de stimulation à haute fréquence (SHF) au cours de la période test. Cette SHF variait de 50 Hz à 4 kHz ou de 100 Hz à 10 kHz avec des réglages de tension de 0,5 V à 10 V. La douleur a été évaluée sur le score visuel de 0 à 10.

    Résultats

    Deux des 12 patients n’ont pas bénéficié des effets de la SME tant par SBF ou SHF. Chez les 10 patients restants, les paresthésies ont été significativement atténuées par la SHF, et pour 4 les paresthésies ont pu être totalement éliminées. Cinq patients ont préféré la SHF à la SBF tandis que trois autres ne mentionnaient pas de différence. Des sensations brusques au début de HFS ont été décrites chez 6 patients. Chez 10 patients la SHF a pu être portée à la tension maximale de 10 V sans gêne. Les 4 patients pour qui la phase test n’a pas été concluante avaient une histoire douloureuse significativement plus longue que les huit patients ayant bénéficié d’une implantation (11,2 vs 4,3 ans, [p : 0,04]).

    Discussion et conclusion

    La SHF modifie de manière significative les sensations de paresthésies dans la majorité des patients (dix de 12) et a été préféré à la SBF pour 5 des 12 patients et non inférieure à la SBF chez 8 des 12 patients que ce soit à 4 kHz que 10 kHz. La SHF autorise des voltages élevés sans l’inconfort de paresthésies désagréables.

    Commentaire :

    Certains papiers1-3 avaient déjà montrés la meilleure tolérance de la stimulation haute fréquence mais sur des effectifs plus importants et sur une durée supérieure à une demi-journée comme c’est le cas dans cette étude portant seulement sur une douzaine de patients... Il dommage également que l’effet sur les lombalgies n’ai pas été investigué puisque des études2,3 laissent penser l’effet de la SHF serait intéressant. On déplorera, enfin, que les auteurs ne précisent pas, dans cette série, s’il s’agit d’électrodes chirurgicales ou percutanées

    rédigée par Marc Lévêque
     

     

    1. Al-Kaisy A, Van Buyten JP, Smet I, Palmisani S, Pang D, Smith T. Sustained effectiveness of 10 kHz high-frequency spinal cord stimulation for patients with chronic, low back pain: 24-month results of a prospective multicenter study. Pain Med. 2014;15(3):347-354.

    2. Tiede J, Brown L, Gekht G, Vallejo R, Yearwood T, Morgan D. Novel spinal cord stimulation parameters in patients with predominant back pain. Neuromodulation : journal of the International Neuromodulation Society. 2013;16(4):370-375.

    3. Kapural L, Yu C, Doust MW, et al. Novel 10-kHz High-frequency Therapy (HF10 Therapy) Is Superior to Traditional Low-frequency Spinal Cord Stimulation for the Treatment of Chronic Back and Leg Pain: The SENZA-RCT Randomized Controlled Trial. Anesthesiology. 2015;123(4):851-860.

     

    Catégorie:
  • La stimulation haute fréquence est-elle supérieure à la stimulation traditionnelle médullaire dans le traitement des douleurs lombaire et radiculaire ?

    Référence :

    Kapural L, Yu C, Doust MW, Gliner BE, Vallejo R, Sitzman BT, et al. Novel 10-kHz High-frequency Therapy (HF10 Therapy). Novel 10-kHz High-frequency Therapy (HF10 Therapy is Superior to Traditional Low-frequency Spinal Cord Stimulation for the Treatment of Chronic Back and Leg Pain: The SENZA-RCT Randomized Controlled Trial. Anesthesiology, 2015, 123: 851-60

    Introduction :

    Les traitements médicamenteux des douleurs chroniques ont une efficacité limitée souvent des effets indésirables. Ce fardeau de la douleur chronique encourage d’autres approches thérapeutiques et en particulier la stimulation de la moelle épinière (SME). La SME délivrée à une fréquence élevée de 10 kHz (HF10) permet un soulagement de la douleur sans l’inconvénient des paresthésies typiques de la SME traditionnelle à basse fréquence. L'objectif de cette étude randomisée est de comparer la sécurité et l'efficacité des thérapies par SME HF10 chez les patients souffrant de douleurs de dos et des jambes.

    Méthode :

    Un total de 198 sujets souffrant à la fois lomboradiculalgies ont été randomisés selon un rapport 1:1 ¾ entre SME traditionnelle et HF10 ¾ dans 10 centres de traitement de la douleur. Parmi ceux-ci, 171 sont passés par une phase test pour ensuite être implantés avec un système de SME. Les répondeurs — résultat primaire — ont été définis comme ayant 50% de réduction des douleurs sans déficit neurologique liées à cette stimulation.

    Résultats :

    À 3 mois, 84,5% des sujets du groupe HF10 ont vu leurs lombalgies diminuer et 83,1% des radiculalgies des membres inférieurs contre respectivement 43,8% et 55,5% dans le groupe SME traditionnel (P <0,001). Le ratio relatif était de 1,9 (IC 95%, 1,4 à 2,5) pour lombalgie et de 1,5 (IC 95%, 1,2 à 1,9) les radiculalgies. La supériorité de la HF10 sur la SME pour la jambe et le mal de dos a été observée durant 12 mois (p <0,001). Les patients traités par HF10 ne connaissent pas paresthésie.

    Discussion et conclusion :

    La thérapie par HF10 influe donc favorablement sur la gestion des radiculalgies et des lombalgies et ouvre de perspectives prometteuses.

    Commentaire :

    Cette étude de bonne qualité méthodologique parue dans la revue Anesthesiology d’octobre 2015 plaide en faveur de la SME dans le traitement des douleurs chroniques et, tout particulièrement au recours à la haute fréquence.

    Les taux d’efficacité de la SME traditionnelle inférieurs à ceux que l’on rencontre habituellement dans la littérature peuvent être dus à l’utilisation d’électrodes percutanées dont on connaît les résultats décevants dans les lombalgies. Le recours à des électrodes chirurgicales multicolonnes aurait probablement livré de meilleurs résultats, notamment pour cette composante lombaire des douleurs. Le délai tardif d’implantation — 13,6 ans en moyenne après que le diagnostic de douleur chronique ait été posé — est également une explication à ces résultats plutôt médiocres. Une stimulation haute fréquence avec des électrodes multicolonnes pourrait éventuellement procurer des résultats encore supérieurs.

    Cette étude méritera d’être complétée par une étude médico-économique dans la mesure où la stimulation haute fréquence est gourmande en énergie — plus encore lorsqu’il s’agit d’électrode percutanée — et, de ce fait, implique le recours systématique à des dispositifs rechargeables que l’on sait plus onéreux.

    rédigée par Marc Lévêque
     


    Catégorie:
  • Stimulation de la branche trigéminale dans le traitement des douleurs crânio-faciales

    Référence

    Ellis JA, Mejia Munne JC, Winfree CJ. Trigeminal branch stimulation for the treatment of intractable craniofacial pain. Journal of neurosurgery. 2015:1-6

    Introduction

    La stimulation de la branche du trijumeau a été utilisée dans le traitement de douleur crânio-faciales mais les risques et les avantages de ce type d’approche n’ont pas été clairement définis dans les grandes études. Les auteurs rapportent leur expérience dans le traitement de la douleur crânio-faciales par stimulation de la branche du trijumeau.


    Méthode

    Il s’agit d’une étude rétrospective de patients ayant bénéficié de la mise en place d’électrodes de la branche trigéminale pour le traitement de douleurs crânio-faciales (névralgie post-zostérienne, douleur de déafférentation trigéminale, névralgie supraorbitaire, douleur temporo-mandibulaire, névralgie trigéminale de type I et de type II, céphalée).


    Résultats

    Entre 2006 et 2013, 35 patients ont subi l'implantation pour un total de 93 électrodes permanentes Quinze patients ont connu un meilleur contrôle de la douleur après une stimulation d'essai ce qui a débouché sur l'implantation d’un stimulateur permanent puis ont été suivis durant une moyenne de 15 mois. Au dernier suivi 73% des patients avaient un meilleur contrôle de la douleur tandis que 27% n’en rapportaient aucune. Lors de cette étude, il n’a pas été observé de complication grave.


    Discussion et conclusion

    La stimulation de la branche du trijumeau semblerait être un traitement sûr et efficace pour un sous-ensemble de patients souffrant de douleur crânio-faciales rebelle.

    Commentaire

    La première stimulation d’une branche trigéminale afin de soulager des douleurs crânio-faciales remonte à 19611. A noter que les premières publications concernaient exclusivement des électrodes chirurgicales placées au contact du nerf après dissection. Les résultats très variables furent expliqués par de possibles lésion du nerf lors de l’abord direct et de la fibrose périnerveuse qui y faisait suite. À partir de 1999, des résultats plus encourageants sont rapportés avec des électrodes percutanées2,3 (Figure a), en 2004 l’équipe de Burchiel 4 fait état de 50 à 70% de soulagement chez des patients souffrant de douleurs crânio-faciales post-traumatique ou zoostérienne .

    Avec ces 35 patients, cette série new-yorkaise de Columbia University est, à ce jour, la plus importante et semble confirmer l’utilité de cette technique dans des douleurs crânio-faciales pharmacorésistantes. La nature des douleurs étant très variée dans cette cohorte, l’effectif limité ne permet pas de déterminer pour quelle type de douleur la stimulation serait la plus efficace, c’est là une des faiblesses majeurs de cet article. Pour être éligible à ce type de traitement, les auteurs insistent sur le fait que la douleur doit être focalisée et concerner un territoire nerveux bien identifié. Ces résultats encourageants et l’incidence très faibles de complications — telles des contractions des muscles de la face lors d’électrodes insérées trop profondément — incitent à confirmer ces travaux, notamment par des études contrôlées et randomisées.


    Figure a - Exemple d'électrodes de stimulation trigéminale (supra et infra-orbitaire) 5
     

    rédigée par Marc Lévêque

    1. White J, Sweet W. Pain and the neurosurgeon, a fourty-year experience. In: Thomas CC, ed. IL: Springfield; 1969.
    2. Amin S, Buvanendran A, Park KS, Kroin JS, Moric M. Peripheral nerve stimulator for the treatment of supraorbital neuralgia: a retrospective case series. Cephalalgia. 2008;28(4):355-359.

    3. Slavin KV. Peripheral nerve stimulation for neuropathic pain. Neurotherapeutics. 2008;5(1):100-106.
    4. Johnson MD, Burchiel KJ. Peripheral stimulation for treatment of trigeminal postherpetic neuralgia and trigeminal posttraumatic neuropathic pain: a pilot study. Neurosurgery. 2004;55(1):135-141; discussion 141-132.
    5. Stidd DA, Wuollet AL, Bowden K, et al. Peripheral nerve stimulation for trigeminal neuropathic pain. Pain physician. 2012;15(1):27-33.

     

    Catégorie:
  • L’utilisation d’une technique de positionnement minimalement invasive et transligamentaire d’une électrode multicolonne.

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    Référence

    Multicolumn spinal cord stimulation lead implantation using an optic transligamentar minimally invasive technique.

    Rigoard P, Luong AT, Delmotte A, Raaholt M, Roulaud M, Monlezun O, Triphose A, Guetarni F, Brugiere B, Misbert L, Diallo B, Bataille B. Neurosurgery 2013. 73(3):550-3.

    Introduction

    Du matériel et des techniques chirurgicales minimalement invasives ont été mises au point afin de positionner les électrodes. C’est, notamment, le cas des électrodes percutanées. Néanmoins ces dernières sont réservées à une approche unilatérale de la moelle épinière ce qui peut occasionner des difficultés de positionnement. Une nouvelle génération d’électrodes, dite « multicolonnes » est actuellement utilisée afin d’améliorer les résultats de la stimulation de la moelle épinière (SME) dans certains types de douleurs difficiles à traiter telles que les failed back surgery syndrome (FBSS). Une nouvelle Technique d’Accès Minimal Spinal (MAST) est aujourd’hui en cours d’évaluation afin de mettre en place cette dernière génération d’électrode.

    Méthodes

    Description de cette technique MAST dans une étude pilote.

    Résultats:

    Vingt-quatre patients ont été implantés, avec des électrodes multicolonnes par cette technique MAST pour le traitement de douleurs réfractaires lomboradiculaire. Cette technique a permis un positionnement transligamentaire satisfaisant de ces électrodes tout en minimisant les cicatrices et les lésions musculaires. Aucun effet indésirable lié à technique n’a été déploré ni aucun repositionnement d’électrode nécessaire.

    Discussion et Conclusion:

    L'utilisation d'une technique MAST pourrait s’avérer utile dans l'implantation des électrodes multicolonnes

    Commentaire:

    Cette technique présentée par l’équipe de Poitiers est séduisante car, ce système d’écartement tubulaire du site opératoire, présente l’avantage d’une moindre invasivité et a le mérite de standardiser la pose de ce nouveau type d’électrode à seize plots et, ainsi, autoriser des comparaisons entre cohortes. Cette technique est néanmoins plus délicate et sa maitrise implique une courbe d’apprentissage. D’autre part on ne peut négliger le coût supplémentaire — instrument et consommable (fibre optique jetable) — qu’implique cette procédure. Un surcoût dont on ignore s’il peut être compensé par une durée d’hospitalisation plus courte et des suites plus simples.

    rédigée par Marc Lévêque

    Catégorie:
  • Association du baclofène intrathécal et de la stimulation médullaire dans le traitement du syndrome douloureux régionale complexe sévère

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    Référence :

    Goto S, Taira T, Horisawa S, Yokote A, Sasaki T, Okada Y. Spinal cord stimulation and intrathecal baclofen therapy: combined neuromodulation for treatment of advanced complex regional pain syndrome. Stereotactic and functional neurosurgery 2013;91 (6): 386-91.

    Introduction :

    La stimulation de la moelle épinière (SME) compte parmi les traitements efficaces du syndrome douloureux régional complexe (SDRC). Néanmoins, le soulagement complet de la douleur n’est pas toujours possible et l'effet de la SME tend à diminuer au fil du temps. Récemment le baclofène intrathécale (BIT) s’est avéré être efficace dans la dystonie liée à au SDRC.

    Méthode :

    Quatre patients (2 hommes,, 2 femmes ; âge moyen : 32,5 ans) avec SRDC réfractaire à un traitement conservateur ont été évalués rétrospectivement. Trois patients ont bénéficié d’une implantation SME première, avec quelques années plus tard, internalisation de pompes à BIT. Chez un patient des bolus de BIT ont été administré durant la période test de SME. L'intensité de la douleur a été évaluée en utilisant l'échelle visuelle analogique (EVA) avant et après l'administration de BIT.

    Résultats :

    Le soulagement de la douleur de plus de 50 % a été observé chez 1 patient et de plus de 30% chez deux autres. Le taux de réduction de la douleur moyenne parmi les 4 patients était de 28,9 % avant et 43,8 % après le traitement par BIT. Tous les patients — y compris celui n’ayant pas eu d'amélioration de l'EVA — ont montré une diminution des anomalies posturales après l’association de la SME et de la BIT. L’amélioration des anomalies posturales — comme la dystonie ou les mouvements de tremblements paroxystiques — a permis un soulagement général de la douleur tout en réduisant ses fluctuations.

    Discussion et conclusion :

    L’association de la SME et de la BIT diminue l'intensité de la douleur, ou améliore anomalies de posture et les mouvements dystoniques associées lors de SDRC réfractaires.

    Commentaires :

    Ces quatre cas rapportés ont le mérite d’ouvrir une piste de recherche intéressante chez les patients souffrant de SDRC de forme réfractaires, le suivi minimal de 3,5 ans offre un recul satisfaisant. L’effectif faible, le caractère rétrospectif de l’étude et l’absence de groupe contrôle obligent néanmoins a considérer ces résultats avec beaucoup de prudence. Cette étude prolonge des travaux suédois 1-3 ayant montré, ces dernières années, l’intérêt de l’association de la SME et du BIT dans le traitement de douleurs neuropathiques.

    1.   Schechtmann G, Lind G, Winter J, Meyerson BA, Linderoth B. Intrathecal clonidine and baclofen enhance the pain-relieving effect of spinal cord stimulation: a comparative placebo-controlled, randomized trial. Neurosurgery 2010;67(1):173-81.

    2.   Lind G, Schechtmann G, Winter J, Meyerson BA, Linderoth B. Baclofen-enhanced spinal cord stimulation and intrathecal baclofen alone for neuropathic pain: Long-term outcome of a pilot study. European Journal of Pain 2008;12(1):132-6.

    3.   Lind G, Schechtmann G, Winter J, Linderoth B. Drug-enhanced spinal stimulation for pain: a new strategy. Acta Neurochir Suppl 2007;97(Pt 1):57-63.

    rédigée par Marc Lévêque

    Catégorie: